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Comme chaque être
humain naît avec cinq à huit gènes défectueux et la population
franco-canadienne est de souche très
limitée, à savoir quelques milliers
d’immigrants originaires de différentes régions de France, il faut en
déduire que beaucoup d’entre nous, bien que portant des noms différents,
sommes de même souche et transportons en
nous le même héritage génétique.
Les premiers
arrivants d’Europe, pour la plupart originaires de la Normandie, de la
région de Paris ou d'ailleurs, sont venus en tant que premier colon, après
l’arrivée de Champlain dans les années 1630. Ils se sont établis à Québec et
ont progressivement migré;
le plus souvent par groupes familiaux, vers l’extérieur :
soit Baie-St-Paul,
le Saguenay/Lac St-Jean,
la rive sud,
Matane, Rimouski, le Bas-du-Fleuve et d’autres régions comme
l’Estrie, Trois-Rivières, Montréal et vers les autres provinces canadiennes.
Toutes ces migrations ont naturellement apporté avec elles le bagage
génétique que nous rencontrons aujourd’hui.
Même si
nous le voulions, il serait presque impossible de découvrir toutes
les anomalies ou
les gènes défectueux que nous portons en nous, car il en existe des
milliers. Par contre, un signal d'alarme devrait être déclenché lorsque la
maladie fait surface dans nos familles proches
et nous devrions commencer à nous inquiéter. Nul n’est à
l’abri de la maladie et du drame de la perte d'un être cher. La population
franco-canadienne
est à risque pour une vingtaine de maladies génétiques sévères.
Il ne relève pas
seulement du monde médical ou scientifique et des gouvernements de nous
informer et de nous prévenir de ces maladies génétiques lorsqu’ils en font
la découverte. C'est aussi notre responsabilité d’en informer nos proches et
la société en général.
Les maladies
génétiques causent le plus grand nombre de décès chez les humains. En effet,
60% des décès sont causés par des troubles d’ordre génétique, tel
que le cancer, les maladies cardio-vasculaires, le diabète, la
leucodystrophie, la thalassémie, la sclérose en plaque, le Tay-Sachs et bien
d’autres maladies toutes aussi sévères.
Au moins 50% des
enfants hospitalisés dans les grands centres hospitaliers,
souffrent de maladies génétiques graves. Le tiers des décès chez les jeunes
enfants,
est attribuable à des causes d’ordre génétique.
Dans les années
1970, le Québec avait la réputation d’être pionnier dans la recherche et le
traitement des maladies génétiques et de la prévention. En 2003, soit 33
ans plus tard, nous sommes au dernier rang dans ce domaine. Que
s’est-il passé
depuis les années 1970? Le budget annuel dans la recherche génétique au
Québec est de
10 millions de dollars, alors qu’en Ontario, province voisine, leurs
dépenses dans ce domaine
sont de
28 millions de dollars.
Nous n’avons que
18 médecins en génétique au Québec;
nous en avons besoin de 35 et si
nous continuons de refuser de faire de la prévention par le dépistage
dans les populations, nos besoins dans ce domaine vont continuer de croître
sans arrêt.
Le dépistage
régional qui se pratiquait dans les années 70 pour la maladie de Tay-Sachs,
a été aboli en 1994 par le Ministère de la Santé du Québec de cette époque
sous prétexte d’économie. Voyez les résultats maintenant; de plus en plus de
cas de
Tay-Sachs sont rapportés un peu partout au Québec.
Par contre, le
dépistage de cette même
maladie est toujours en force pour les populations juives du Québec
et se fait même au niveau des écoles où l’on informe les adolescents des
moyens à prendre pour se protéger de cette maladie. Cette méthode de
prévention a réduit les cas de naissances affectées
par la maladie de 95 %. Un suivi est aussi offert aux futurs parents
et aux femmes enceintes. Pourtant, le taux de porteurs du gène de Tay-Sachs
serait le même chez les franco-canadiens. Notre système de santé serait-il
différent selon les populations?
***Aux
États-Unis, lorsque vous êtes d’origine canadienne-française et prévoyez
avoir un enfant, les autorités médicales vont vous proposer un test de
dépistage prénatal pour la maladie de Tay-Sachs.
Très peu de
statistiques existent pour la maladie de Tay-Sachs dans notre province
et il est presque impossible d’obtenir la vérité dans ce domaine.
Nous semblons plutôt vouloir nous faire croire que chaque cas est
unique et excessivement rare, de là
l’isolement des familles touchées par cette maladie. Il est
temps que cette pratique d’isolement soit remplacée par une information
honnête aux familles touchées et un service d’aide approprié, afin de venir
en aide à ces familles durement touchées. |